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Règlement d'arbitrage de la CNUDCI 10

Règlement d'arbitrage de la CNUDCI
(Version révisée en 2010)

 

Section I. Dispositions préliminaires

 

Champ d’application*
Article premier

1. Si des parties sont convenues que leurs litiges au sujet d’un rapport de droit déterminé, contractuel ou non contractuel, seront soumis à l’arbitrage conformément au Règlement d’arbitrage de la CNUDCI, ces litiges seront tranchés selon ce règlement sous réserve des modifications dont elles seront convenues entre elles.

2. Les parties à une convention d’arbitrage conclue après le 15 août 2010 sont présumées s’être référées au Règlement en vigueur à la date à laquelle commence l’arbitrage, à moins qu’elles ne soient convenues d’appliquer une version différente du Règlement. Cette présomption ne s’applique pas lorsque la convention d’arbitrage a été conclue par acceptation, après le 15 août 2010, d’une offre faite avant cette date.

3. Le présent Règlement régit l’arbitrage. Toutefois, en cas de conflit entre l’une de ses dispositions et une disposition de la loi applicable à l’arbitrage à laquelle les parties ne peuvent déroger, cette dernière prévaut.

_____________________

* Une clause compromissoire type pour les contrats est annexée au Règlement.

 

Notification et calcul des délais
Article 2

1. Une notification, y compris une communication ou une proposition, peut être transmise par tout moyen de communication qui atteste ou permet d’attester sa transmission.

2. Si une adresse a été désignée par une partie spécialement à cette fin ou a été autorisée par le tribunal arbitral, toute notification est remise à cette partie à ladite adresse, auquel cas elle est réputée avoir été reçue. Une notification ne peut être remise par des moyens électroniques, comme la télécopie ou le courrier électronique, qu’à une adresse ainsi désignée ou autorisée.

3. À défaut d’une telle désignation ou autorisation, une notification est:

a) reçue si elle a été remise en mains propres du destinataire; ou

b) réputée avoir été reçue si elle a été remise à l’établissement, à la résidence habituelle ou à l’adresse postale du destinataire.

4. Si, après des diligences raisonnables, une notification ne peut être remise conformément au paragraphe 2 ou 3, elle est réputée avoir été reçue si elle a été envoyée au dernier établissement, à la dernière résidence habituelle ou à la dernière adresse postale connus du destinataire par lettre recommandée ou tout autre moyen qui atteste la remise ou la tentative de remise.

5. Une notification est réputée avoir été reçue le jour de sa remise conformément au paragraphe 2, 3 ou 4, ou de la tentative de sa remise conformément au paragraphe 4. Une notification transmise par des moyens électroniques est réputée avoir été reçue le jour de son envoi. Toutefois, une notification d’arbitrage ainsi transmise n’est réputée avoir été reçue que le jour où elle parvient à l’adresse électronique du destinataire.

6. Tout délai prévu dans le présent Règlement court à compter du lendemain du jour où une notification est reçue. Si le dernier jour du délai est férié ou chômé au lieu de la résidence ou de l’établissement du destinataire, le délai est prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant. Les jours fériés ou chômés qui tombent pendant que court le délai sont comptés.

 

Notification d’arbitrage
Article 3

1. La partie ou les parties prenant l’initiative de recourir à l’arbitrage (ci-après dénommées “le demandeur”) communiquent à l’autre partie ou aux autres parties (ci-après dénommées “le défendeur”) une notification d’arbitrage.

2. La procédure arbitrale est réputée commencer à la date à laquelle la notification d’arbitrage est reçue par le défendeur.

3. La notification d’arbitrage doit contenir les indications ci-après:

a) La demande tendant à ce que le litige soit soumis à l’arbitrage;

b) Les noms et coordonnées des parties;

c) La désignation de la convention d’arbitrage invoquée;

d) La désignation de tout contrat ou autre instrument juridique duquel est né le litige ou auquel il se rapporte ou, en l’absence d’un tel contrat ou instrument, une brève description de la relation considérée;

e) Une brève description du litige et, le cas échéant, une estimation de la somme sur laquelle il porte;

f) L’objet de la demande;

g) Une proposition quant au nombre d’arbitres, à la langue et au lieu de l’arbitrage, à défaut d’accord sur ces points conclu précédemment entre les parties.

4. La notification d’arbitrage peut aussi contenir les indications suivantes:

a) Une proposition tendant à désigner une autorité de nomination, visée à l’article 6, paragraphe 1;

b) Une proposition tendant à nommer un arbitre unique, visée à l’article 8, paragraphe 1;

c) La notification de la nomination d’un arbitre, visée à l’article 9 ou à l’article 10.

5. Un différend relatif au caractère suffisant de la notification d’arbitrage n’empêche pas la constitution du tribunal arbitral. Ce différend est tranché définitivement par le tribunal arbitral.

 

Réponse à la notification d’arbitrage
Article 4

1. Dans les trente jours de la réception de la notification d’arbitrage, le défendeur communique au demandeur une réponse, qui doit contenir les indications suivantes:

a) Le nom et les coordonnées de chaque défendeur;

b) Une réponse aux indications figurant dans la notification d’arbitrage conformément à l’article 3, paragraphe 3 c) à g).

2. La réponse à la notification d’arbitrage peut aussi contenir les indications suivantes:

a) Toute exception d’incompétence d’un tribunal arbitral devant être constitué en vertu du présent Règlement;

b) Une proposition tendant à désigner une autorité de nomination, visée à l’article 6, paragraphe 1;

c) Une proposition tendant à nommer un arbitre unique, visée à l’article 8, paragraphe 1;

d) La notification de la nomination d’un arbitre, visée à l’article 9 ou à l’article 10;

e) Une brève description de la demande reconventionnelle ou de la demande en compensation éventuellement formée, y compris, le cas échéant, une estimation de la somme sur laquelle elle porte, et l’objet de cette demande;

f) Une notification d’arbitrage conformément à l’article 3 lorsque le défendeur formule un chef de demande contre une partie à la convention d’arbitrage autre que le demandeur.

3. Un différend concernant l’absence de réponse du défendeur à la notification d’arbitrage ou une réponse incomplète ou tardive à celle-ci n’empêche pas la constitution du tribunal arbitral. Ce différend est tranché définitivement par le tribunal arbitral.

 

Représentation et assistance
Article 5

Chaque partie peut se faire représenter ou assister par des personnes de son choix. Les noms et adresses de ces personnes doivent être communiqués à toutes les parties et au tribunal arbitral. Cette communication doit préciser si la désignation est faite en vue d’une représentation ou d’une assistance. À tout moment, le tribunal arbitral peut, de sa propre initiative ou à la demande d’une partie, requérir, sous la forme qu’il détermine, la preuve des pouvoirs conférés au représentant d’une partie.

 

Autorités de désignation et de nomination
Article 6

1. À moins que les parties n’aient déjà choisi une autorité de nomination d’un commun accord, l’une d’elles peut à tout moment proposer le nom d’une ou de plusieurs institutions ou personnes, y compris le Secrétaire général de la Cour permanente d’arbitrage de La Haye (ci-après la “CPA”), susceptibles d’exercer les fonctions d’autorité de nomination.

2. Si, dans les trente jours après que la proposition d’une partie visée au paragraphe 1 a été reçue par toutes les autres parties, aucune autorité de nomination n’a été choisie d’un commun accord entre toutes les parties, l’une d’elles peut demander au Secrétaire général de la CPA de désigner cette autorité.

3. Lorsque le présent Règlement fixe un délai dans lequel une partie doit soumettre une question à une autorité de nomination et qu’aucune autorité de nomination n’a été choisie d’un commun accord ni désignée, ce délai est suspendu à partir de la date à laquelle une partie engage la procédure de choix ou de désignation d’une telle autorité jusqu’à la date de ce choix ou de cette désignation.

4. Sous réserve de l’article 41, paragraphe 4, si l’autorité de nomination refuse d’agir, ou si elle ne nomme pas d’arbitre dans les trente jours après avoir reçu de l’une des parties une demande en ce sens, n’agit pas dans tout autre délai prévu par le présent Règlement ou ne se prononce pas sur la récusation d’un arbitre dans un délai raisonnable après avoir reçu de l’une des parties une demande en ce sens, une partie peut demander au Secrétaire général de la CPA de désigner une autre autorité de nomination pour la remplacer.

5. Lorsqu’ils s’acquittent de leurs fonctions en vertu du présent Règlement, l’autorité de nomination et le Secrétaire général de la CPA peuvent demander à toute partie et aux arbitres les renseignements qu’ils jugent nécessaires et donnent aux parties et, s’il y a lieu, aux arbitres la possibilité d’exposer leurs vues de la manière qu’ils jugent appropriée. Toutes les communications à cette fin qui émanent de l’autorité de nomination et du Secrétaire général de la CPA ou qui leur sont destinées sont également adressées, par leur expéditeur, à toutes les autres parties.

6. Lorsqu’une partie demande à l’autorité de nomination de nommer un arbitre conformément à l’article 8, 9, 10 ou 14, elle lui envoie copie de la notification d’arbitrage et, si celle-ci existe, de la réponse à cette notification.

7. L’autorité de nomination a égard aux considérations propres à garantir la nomination d’un arbitre indépendant et impartial et tient compte du fait qu’il peut être souhaitable de nommer un arbitre d’une nationalité différente de celle des parties.

 

Section II. Composition du tribunal arbitral

 

Nombre d’arbitres
Article 7

1. Si les parties ne sont pas convenues antérieurement du nombre d’arbitres et si, dans les trente jours de la réception par le défendeur de la notification d’arbitrage, elles ne sont pas convenues qu’il n’y aura qu’un seul arbitre, il sera nommé trois arbitres.

2. Nonobstant le paragraphe 1, si aucune des autres parties n’a répondu à la proposition d’une partie tendant à nommer un arbitre unique dans le délai prévu au paragraphe 1 et si la partie ou les parties concernées n’ont pas nommé de deuxième arbitre en application de l’article 9 ou de l’article 10, l’autorité de nomination peut, à la demande d’une partie, nommer un arbitre unique selon la procédure prévue à l’article 8, paragraphe 2, si elle le juge plus approprié compte tenu des circonstances de l’espèce.

 

Nomination des arbitres (articles 8 à 10)
Article 8

1. Si les parties sont convenues qu’il doit être nommé un arbitre unique et si dans les trente jours de la réception par toutes les autres parties d’une proposition tendant à nommer un arbitre unique les parties ne se sont pas entendues à ce sujet, un arbitre unique est nommé par l’autorité de nomination à la demande de l’une d’entre elles.

2. L’autorité de nomination nomme l’arbitre unique aussi rapidement que possible. Elle procède à cette nomination en utilisant le système des listes conformément à la procédure suivante, à moins que les parties ne s’entendent pour écarter cette procédure ou que l’autorité de nomination ne décide, dans l’exercice de son pouvoir d’appréciation, que l’utilisation du système des listes conformément à cette procédure ne convient pas dans le cas considéré:

a) L’autorité de nomination communique à chacune des parties une liste identique comprenant au moins trois noms;

b) Dans les quinze jours de la réception de cette liste, chaque partie peut la renvoyer à l’autorité de nomination après avoir rayé le nom ou les noms auxquels elle fait objection et numéroté les noms restants dans l’ordre de ses préférences;

c) À l’expiration du délai susmentionné, l’autorité de nomination nomme l’arbitre unique parmi les personnes dont le nom figure sur les listes qui lui ont été renvoyées et en suivant l’ordre de préférence indiqué par les parties;

d) Si, pour une raison quelconque, la nomination ne peut se faire conformément à cette procédure, la nomination de l’arbitre unique est laissée à l’appréciation de l’autorité de nomination.

 

Article 9

1. S’il doit être nommé trois arbitres, chaque partie en nomme un. Les deux arbitres ainsi nommés choisissent le troisième qui exerce les fonctions d’arbitre-président du tribunal arbitral.

2. Si, dans les trente jours de la réception de la notification du nom de l’arbitre désigné par une partie, l’autre partie ne lui a pas notifié le nom de l’arbitre qu’elle a désigné, la première partie peut demander à l’autorité de nomination de nommer le deuxième arbitre.

3. Si, dans les trente jours de la nomination du deuxième arbitre, les deux arbitres ne se sont pas entendus sur le choix de l’arbitre-président, ce dernier est nommé par l’autorité de nomination conformément à la procédure prévue à l’article 8 pour la nomination de l’arbitre unique.

 

Article 10

1. Aux fins de l’article 9, paragraphe 1, lorsqu’il doit être nommé trois arbitres et qu’il y a pluralité de demandeurs ou de défendeurs, à moins que les parties ne soient convenues d’une autre méthode de nomination des arbitres, les demandeurs conjointement et les défendeurs conjointement nomment un arbitre.

2. Si les parties sont convenues que le tribunal arbitral sera composé d’un nombre d’arbitres autre qu’un ou trois, les arbitres sont nommés selon la méthode dont elles conviennent.

3. À défaut de constitution du tribunal arbitral conformément au présent Règlement, l’autorité de nomination constitue, à la demande d’une partie, le tribunal arbitral et, ce faisant, peut révoquer tout arbitre déjà nommé et nommer ou renommer chacun des arbitres et désigner l’un d’eux arbitre-président.

 

Déclarations des arbitres et récusation d’arbitres** (articles 11 à 13)
Article 11

Lorsqu’une personne est pressentie pour être nommée en qualité d’arbitre, elle signale toutes circonstances de nature à soulever des doutes légitimes sur son impartialité ou sur son indépendance. À partir de sa nomination et durant toute la procédure arbitrale, un arbitre signale sans tarder lesdites circonstances aux parties et aux autres arbitres, s’il ne l’a déjà fait.

__________________

** Des déclarations d’indépendance types en application de l’article 11 sont annexées au Règlement.

 

Article 12

1. Tout arbitre peut être récusé s’il existe des circonstances de nature à soulever des doutes légitimes sur son impartialité ou son indépendance.

2. Une partie ne peut récuser l’arbitre qu’elle a nommé que pour une cause dont elle a eu connaissance après cette nomination.

3. En cas de carence d’un arbitre ou d’impossibilité de droit ou de fait d’un arbitre de remplir sa mission, la procédure de récusation prévue à l’article 13 s’applique.

 

Article 13

1. Une partie qui souhaite récuser un arbitre notifie sa décision dans les quinze jours suivant la date à laquelle la nomination de cet arbitre lui a été notifiée ou dans les quinze jours suivant la date à laquelle elle a eu connaissance des circonstances visées aux articles 11 et 12.

2. La notification de la récusation est communiquée à toutes les autres parties, à l’arbitre récusé et aux autres arbitres. Elle expose les motifs de la récusation.

3. Lorsqu’un arbitre a été récusé par une partie, toutes les parties peuvent accepter la récusation. L’arbitre récusé peut également se déporter. Cette acceptation ou ce déport n’impliquent pas la reconnaissance des motifs de la récusation.

4. Si, dans les quinze jours à compter de la date de la notification de la récusation, toutes les parties n’acceptent pas la récusation ou l’arbitre récusé ne se déporte pas, la partie récusante peut décider de poursuivre la récusation. En ce cas, dans les trente jours à compter de la date de ladite notification, elle prie l’autorité de nomination de prendre une décision sur la récusation.

 

Remplacement d’un arbitre
Article 14

1. Sous réserve du paragraphe 2, en cas de nécessité de remplacer un arbitre pendant la procédure arbitrale, un remplaçant est nommé ou choisi selon la procédure prévue aux articles 8 à 11 qui était applicable à la nomination ou au choix de l’arbitre devant être remplacé. Cette procédure s’applique même si une partie n’avait pas exercé son droit de nommer ou de participer à la nomination de l’arbitre devant être remplacé.

2. Si, à la demande d’une partie, l’autorité de nomination estime qu’il serait justifié, compte tenu des circonstances exceptionnelles de l’espèce, de priver une partie du droit de nommer un remplaçant, elle peut, après avoir donné aux parties et aux arbitres restants la possibilité d’exprimer leurs vues: a) nommer le remplaçant; ou b) après la clôture des débats, autoriser les autres arbitres à poursuivre l’arbitrage et à rendre toute décision ou sentence.

 

Réouverture des débats en cas de remplacement d’un arbitre
Article 15

En cas de remplacement d’un arbitre, la procédure reprend au stade où l’arbitre remplacé a cessé d’exercer ses fonctions, sauf si le tribunal arbitral en décide autrement.

 

Exonération de responsabilité
Article 16

Sauf en cas de faute intentionnelle, les parties renoncent, dans toute la mesure autorisée par la loi applicable, à toute action contre les arbitres, l’autorité de nomination et toute personne nommée par le tribunal arbitral pour un acte ou une omission en rapport avec l’arbitrage.

 

Section III. Procédure arbitrale

 

Dispositions générales
Article 17

1. Sous réserve des dispositions du présent Règlement, le tribunal arbitral peut procéder à l’arbitrage comme il le juge approprié, pourvu que les parties soient traitées sur un pied d’égalité et qu’à un stade approprié de la procédure chacune d’elles ait une possibilité adéquate de faire valoir ses droits et proposer ses moyens. Le tribunal, dans l’exercice de son pouvoir d’appréciation, conduit la procédure de manière à éviter les retards et les dépenses inutiles et à assurer un règlement équitable et efficace du litige entre les parties.

2. Dès que possible après sa constitution et après avoir invité les parties à exprimer leurs vues, le tribunal arbitral établit le calendrier prévisionnel de l’arbitrage. Il peut, à tout moment, après avoir invité les parties à exprimer leurs vues, proroger ou abréger tout délai qui est prescrit par le présent Règlement ou dont elles sont convenues.

3. Si, à un stade approprié de la procédure, une partie en fait la demande, le tribunal arbitral organise des audiences pour la production de preuves par témoins, y compris par des experts 8

agissant en qualité de témoins, ou pour l’exposé oral des arguments. Si aucune demande n’est formée en ce sens, il décide s’il convient d’organiser de telles audiences ou si la procédure se déroulera sur pièces.

4. Lorsqu’une partie adresse une communication au tribunal arbitral, elle l’adresse à toutes les autres parties. Elle l’adresse en même temps, à moins que le tribunal arbitral n’autorise le contraire si la loi applicable le lui permet.

5. À la demande d’une partie, le tribunal arbitral peut autoriser un ou plusieurs tiers à se joindre comme parties à l’arbitrage, à condition que ceux-ci soient parties à la convention d’arbitrage, sauf s’il constate, après avoir donné à toutes les parties, y compris à ce ou ces tiers, la possibilité d’être entendus, que la jonction ne devrait pas être autorisée en raison du préjudice qu’elle causerait à l’une de ces parties. Le tribunal arbitral peut rendre une sentence unique ou plusieurs sentences à l’égard de toutes les parties ainsi impliquées dans l’arbitrage.

 

Lieu de l’arbitrage
Article 18

1. S’il n’a pas été préalablement convenu par les parties, le lieu de l’arbitrage est fixé par le tribunal arbitral compte tenu des circonstances de l’affaire. La sentence est réputée avoir été rendue au lieu de l’arbitrage.

2. Le tribunal arbitral peut se réunir en tout autre lieu qu’il jugera approprié pour ses délibérations. Sauf convention contraire des parties, il peut aussi se réunir en tout autre lieu qu’il jugera approprié à d’autres fins, y compris pour des audiences.

 

Langue
Article 19

1. Sous réserve de l’accord des parties, le tribunal arbitral fixe, rapidement après sa nomination, la langue ou les langues de la procédure. Cette décision s’applique au mémoire en demande, au mémoire en défense et à tout autre exposé écrit et, en cas d’audience, à la langue ou aux langues à utiliser au cours de cette audience.

2. Le tribunal arbitral peut ordonner que toutes les pièces jointes au mémoire en demande ou au mémoire en défense et toutes les pièces complémentaires produites au cours de la procédure qui ont été remises dans leur langue originale soient accompagnées d’une traduction dans la langue ou les langues choisies par les parties ou fixées par le tribunal.

 

Mémoire en demande
Article 20

1. Le demandeur communique son mémoire en demande par écrit au défendeur et à chacun des arbitres, dans le délai fixé à cet effet par le tribunal arbitral. Il peut décider de considérer sa notification d’arbitrage visée à l’article 3 comme un mémoire en demande, pour autant qu’elle respecte aussi les conditions énoncées aux paragraphes 2 à 4 du présent article.

2. Le mémoire en demande comporte les indications ci-après:

a) Les noms et coordonnées des parties;

b) Un exposé des faits présentés à l’appui de la demande;

c) Les points litigieux;

d) L’objet de la demande;

e) Les moyens ou arguments de droit invoqués à l’appui de la demande.

3. Une copie de tout contrat ou autre instrument juridique duquel est né le litige ou auquel il se rapporte et de la convention d’arbitrage est jointe au mémoire en demande.

4. Le mémoire en demande devrait, dans la mesure du possible, être accompagné de toutes pièces et autres preuves invoquées par le demandeur ou s’y référer.

 

Mémoire en défense
Article 21

1. Le défendeur communique son mémoire en défense par écrit au demandeur et à chacun des arbitres, dans le délai fixé à cet effet par le tribunal arbitral. Il peut décider de considérer sa réponse à la notification d’arbitrage visée à l’article 4 comme un mémoire en défense, pour autant qu’elle respecte aussi les conditions énoncées au paragraphe 2 du présent article.

2. Le mémoire en défense répond aux alinéas b) à e) du mémoire en demande (article 20, paragraphe 2). Il devrait, dans la mesure du possible, être accompagné de toutes pièces et autres preuves invoquées par le défendeur ou s’y référer.

3. Dans son mémoire en défense, ou à un stade ultérieur de la procédure arbitrale si le tribunal arbitral décide que ce délai est justifié par les circonstances, le défendeur peut former une demande reconventionnelle ou une demande en compensation, à condition que le tribunal ait compétence pour en connaître.

4. Les dispositions de l’article 20, paragraphes 2 à 4, s’appliquent à une demande reconventionnelle, à un chef de demande formulé conformément à l’article 4, paragraphe 2 f), et à une demande en compensation.

 

Modification des chefs de demande ou des moyens de défense
Article 22

Au cours de la procédure arbitrale, une partie peut modifier ou compléter ses chefs de demande ou ses moyens de défense, y compris une demande reconventionnelle ou une demande en compensation, à moins que le tribunal arbitral considère ne pas devoir autoriser ledit amendement ou complément en raison du retard avec lequel il est formulé, du préjudice qu’il causerait aux autres parties ou de toute autre circonstance. Elle ne peut cependant modifier ou compléter les chefs de demande ou les moyens de défense, non plus que la demande reconventionnelle ou la demande en compensation, au point qu’ils sortent du champ de compétence du tribunal arbitral.

 

Déclinatoire de compétence arbitrale
Article 23

1. Le tribunal arbitral peut statuer sur sa propre compétence, y compris sur toute exception relative à l’existence ou à la validité de la convention d’arbitrage. À cette fin, une clause compromissoire faisant partie d’un contrat est considérée comme une convention distincte des autres clauses du contrat. La constatation de la nullité du contrat par le tribunal arbitral n’entraîne pas de plein droit la nullité de la clause compromissoire.

2. L’exception d’incompétence du tribunal arbitral est soulevée au plus tard dans le mémoire en défense ou, en cas de demande reconventionnelle ou de demande en compensation, dans la réplique. Le fait pour une partie d’avoir nommé un arbitre ou d’avoir participé à sa nomination ne la prive pas du droit de soulever cette exception. L’exception prise de ce que la question litigieuse excéderait les pouvoirs du tribunal arbitral est soulevée dès que la question alléguée comme excédant ses pouvoirs est soulevée pendant la procédure arbitrale. Le tribunal arbitral peut, dans l’un ou l’autre cas, admettre une exception soulevée après le délai prévu, s’il estime que le retard est dû à une cause valable.

3. Le tribunal arbitral peut statuer sur l’exception visée au paragraphe 2 soit en la traitant comme une question préalable, soit dans une sentence sur le fond. Il peut poursuivre la procédure arbitrale et rendre une sentence, nonobstant toute action pendante devant une juridiction étatique visant à contester sa compétence.

 

Autres pièces écrites
Article 24

Le tribunal arbitral décide quelles sont, outre le mémoire en demande et le mémoire en défense, les autres pièces écrites que les parties doivent ou peuvent lui présenter; il fixe le délai dans lequel ces pièces doivent être communiquées.

 

Délais
Article 25

Les délais fixés par le tribunal arbitral pour la communication des pièces écrites (y compris le mémoire en demande et le mémoire en défense) ne devraient pas dépasser 45 jours. Toutefois, ces délais peuvent être prorogés par le tribunal arbitral si celui-ci juge que cette prorogation est justifiée.

 

Mesures provisoires
Article 26

1. Le tribunal arbitral peut, à la demande d’une partie, accorder des mesures provisoires.

2. Une mesure provisoire est toute mesure temporaire par laquelle, à tout moment avant le prononcé de la sentence qui tranchera définitivement le litige, le tribunal arbitral ordonne à une partie par exemple, mais non exclusivement:

a) De préserver ou de rétablir le statu quo en attendant que le litige ait été tranché;

b) De prendre des mesures de nature à empêcher, ou de s’abstenir de prendre des mesures susceptibles de causer, i) un préjudice immédiat ou imminent ou ii) une atteinte au processus arbitral lui-même;

c) De fournir un moyen de sauvegarder des biens qui pourront servir à l’exécution d’une sentence ultérieure; ou

d) De sauvegarder les éléments de preuve qui peuvent être pertinents et importants pour le règlement du litige.

3. La partie demandant une mesure provisoire en vertu des alinéas a) à c) du paragraphe 2 convainc le tribunal arbitral:

a) Qu’un préjudice ne pouvant être réparé de façon adéquate par l’octroi de dommages-intérêts sera probablement causé si la mesure n’est pas ordonnée, et qu’un tel préjudice l’emporte largement sur celui que subira probablement la partie contre laquelle la mesure est dirigée si celle-ci est accordée; et

b) Qu’elle a des chances raisonnables d’obtenir gain de cause sur le fond du litige. La décision à cet égard ne porte pas atteinte à la liberté d’appréciation du tribunal arbitral lorsqu’il prendra une décision ultérieure quelconque.

4. En ce qui concerne une demande de mesure provisoire en vertu de l’alinéa d) du paragraphe 2, les conditions énoncées aux alinéas a) et b) du paragraphe 3 ne s’appliquent que si le tribunal arbitral le juge approprié.

5. Le tribunal arbitral peut modifier, suspendre ou rétracter une mesure provisoire qu’il a accordée, à la demande d’une partie ou, dans des circonstances exceptionnelles et à condition de le notifier préalablement aux parties, de sa propre initiative.

6. Le tribunal arbitral peut exiger que la partie qui demande une mesure provisoire constitue une garantie appropriée en rapport avec la mesure.

7. Le tribunal arbitral peut exiger d’une partie qu’elle communique sans tarder tout changement important des circonstances sur la base desquelles la mesure provisoire a été demandée ou accordée.

8. La partie qui demande une mesure provisoire peut être responsable de tous les frais et de tous les dommages causés par la mesure à une partie quelconque si le tribunal arbitral décide par la suite que, dans les circonstances prévalant alors, la mesure n’aurait pas dû être accordée. Le tribunal arbitral peut accorder réparation pour ces frais et dommages à tout moment pendant la procédure.

9. Une demande de mesures provisoires adressée par une partie à une autorité judiciaire ne doit pas être considérée comme incompatible avec la convention d’arbitrage ni comme une renonciation au droit de se prévaloir de ladite convention.

 

Preuves
Article 27

1. Chaque partie doit apporter la preuve des faits sur lesquels elle fonde ses chefs de demande ou ses moyens de défense.

2. Toute personne peut être présentée par les parties comme témoin, y compris comme expert agissant en qualité de témoin, afin de déposer devant le tribunal arbitral sur toute question de fait ou d’expertise, même si elle est partie à l’arbitrage ou a un lien quelconque avec une partie. Sauf décision contraire du tribunal arbitral, les déclarations des témoins, y compris des experts agissant en qualité de témoins, peuvent prendre la forme d’un écrit qu’ils signent.

3. À tout moment de la procédure, le tribunal arbitral peut demander aux parties de produire des preuves complémentaires, en leur fixant un délai à cet effet.

4. Le tribunal arbitral est juge de la recevabilité, de la pertinence et de la force des preuves présentées.

 

Audiences
Article 28

1. Lorsqu’une audience doit avoir lieu, le tribunal arbitral notifie aux parties suffisamment à l’avance la date, l’heure et le lieu de l’audience.

2. Les témoins, y compris les experts agissant en qualité de témoins, peuvent être entendus selon les conditions et interrogés de la manière fixées par le tribunal arbitral.

3. L’audience se déroule à huis clos, sauf convention contraire des parties. Le tribunal arbitral peut demander qu’un ou plusieurs témoins, y compris des experts agissant en qualité de témoins, se retirent pendant la déposition des autres témoins. Toutefois, un témoin, y compris un expert agissant en qualité de témoin, qui est partie à l’arbitrage n’est pas, en principe, prié de se retirer.

4. Le tribunal arbitral peut décider que les témoins, y compris les experts agissant en qualité de témoins, seront interrogés par des moyens de télécommunication qui n’exigent pas leur présence physique à l’audience (tels que la visioconférence).

Experts nommés par le tribunal arbitral
Article 29

1. Après consultation des parties, le tribunal arbitral peut nommer un ou plusieurs experts indépendants chargés de lui faire rapport par écrit sur les points précis qu’il déterminera. Une copie du mandat de l’expert, tel qu’il a été fixé par le tribunal arbitral, est communiquée aux parties.

2. L’expert soumet au tribunal arbitral et aux parties, en principe avant d’accepter sa nomination, une description de ses titres et une déclaration indiquant qu’il est impartial et indépendant. Dans le délai prescrit par le tribunal arbitral, les parties font savoir à ce dernier si elles ont des objections quant aux titres, à l’impartialité ou à l’indépendance de l’expert. Le tribunal arbitral décide promptement s’il accepte ou non leurs objections. Après la nomination d’un expert, une partie ne peut formuler d’objections concernant les titres, l’impartialité ou l’indépendance de celui-ci que pour des motifs dont elle a eu connaissance après la nomination. Le tribunal arbitral décide rapidement des mesures à prendre, le cas échéant.

3. Les parties fournissent à l’expert tous renseignements appropriés ou soumettent à son inspection toutes pièces ou toutes choses pertinentes qu’il pourrait leur demander. Tout différend s’élevant entre une partie et l’expert au sujet du bien-fondé de la demande sera soumis au tribunal arbitral, qui tranchera.

4. Dès réception du rapport de l’expert, le tribunal arbitral communique une copie du rapport aux parties, lesquelles auront la possibilité de formuler par écrit leur opinion à ce sujet. Les parties ont le droit d’examiner tout document invoqué par l’expert dans son rapport.

5. À la demande d’une partie, l’expert, après la remise de son rapport, peut être entendu à une audience à laquelle les parties ont la possibilité d’assister et de l’interroger. À cette audience, une partie peut faire venir en qualité de témoins des experts qui déposeront sur les questions litigieuses. Les dispositions de l’article 28 sont applicables à cette procédure.


Défaut
Article 30

1. Si, dans le délai fixé par le présent Règlement ou par le tribunal arbitral, sans invoquer d’empêchement légitime:

a) Le demandeur n’a pas communiqué son mémoire en demande, le tribunal arbitral ordonne la clôture de la procédure arbitrale, sauf s’il subsiste des questions sur lesquelles il peut être nécessaire de statuer et si le tribunal juge approprié de le faire;

b) Le défendeur n’a pas communiqué sa réponse à la notification d’arbitrage ou son mémoire en défense, le tribunal arbitral ordonne la poursuite de la procédure, sans considérer ce défaut en soi comme une acceptation des allégations du demandeur. Les dispositions du présent alinéa s’appliquent également lorsque le demandeur n’a pas présenté de réplique à une demande reconventionnelle ou à une demande en compensation.

2. Si une partie, régulièrement convoquée conformément au présent Règlement, ne comparaît pas à une audience sans invoquer d’empêchement légitime, le tribunal arbitral peut poursuivre l’arbitrage.

3. Si une partie, régulièrement invitée par le tribunal arbitral à produire des preuves complémentaires, ne les présente pas dans les délais fixés sans invoquer d’empêchement légitime, le tribunal arbitral peut statuer sur la base des éléments de preuve dont il dispose.

 

Clôture des débats
Article 31

1. Le tribunal arbitral peut demander aux parties si elles ont encore des preuves à présenter, des témoins à produire ou des déclarations à faire, faute desquels il peut déclarer la clôture des débats.

2. Le tribunal arbitral peut, s’il l’estime nécessaire en raison des circonstances exceptionnelles, décider, de sa propre initiative ou à la demande d’une partie, la réouverture des débats à tout moment avant le prononcé de la sentence.

 

Renonciation au droit de faire objection
Article 32

Une partie qui ne formule pas promptement d’objection au non-respect du présent Règlement ou d’une condition énoncée dans la convention d’arbitrage est réputée avoir renoncé à son droit de faire objection à moins qu’elle ne puisse montrer qu’en l’espèce, l’absence d’objection de sa part était justifiée.

 

Section IV. La sentence

 

Décisions
Article 33

1. En cas de pluralité d’arbitres, toute sentence ou autre décision du tribunal arbitral est rendue à la majorité.

2. En ce qui concerne les questions de procédure, à défaut de majorité ou lorsque le tribunal arbitral l’autorise, l’arbitre-président peut décider seul sous réserve d’une éventuelle révision par le tribunal.

 

Forme et effet de la sentence
Article 34

1. Le tribunal arbitral peut rendre des sentences séparées sur différentes questions à des moments différents.

2. Toutes les sentences sont rendues par écrit. Elles sont définitives et s’imposent aux parties. Les parties exécutent sans délai toutes les sentences.

3. Le tribunal arbitral motive sa sentence, à moins que les parties ne soient convenues que tel ne doit pas être le cas.

4. La sentence est signée par les arbitres, porte mention de la date à laquelle elle a été rendue et indique le lieu de l’arbitrage. En cas de pluralité d’arbitres et lorsque la signature de l’un d’eux manque, le motif de cette absence de signature est mentionné dans la sentence.

5. La sentence peut être rendue publique avec le consentement de toutes les parties ou lorsque sa divulgation est requise d’une partie en raison d’une obligation légale, afin de préserver ou faire valoir un droit ou en rapport avec une procédure judiciaire devant une juridiction étatique ou une autre autorité compétente.

6. Une copie de la sentence signée par les arbitres est communiquée par le tribunal arbitral aux parties.

 

Loi applicable, amiable compositeur
Article 35

1. Le tribunal arbitral applique les règles de droit désignées par les parties comme étant celles applicables au fond du litige. À défaut d’une telle désignation par les parties, il applique la loi qu’il juge appropriée.

2. Le tribunal arbitral ne statue en qualité d’amiable compositeur ou ex aequo et bono que s’il y a été expressément autorisé par les parties.

3. Dans tous les cas, le tribunal arbitral statue conformément aux stipulations du contrat, le cas échéant, et tient compte de tout usage du commerce applicable à l’opération.

 

Transaction ou autres motifs de clôture de la procédure
Article 36

1. Si, avant que la sentence ne soit rendue, les parties conviennent d’une transaction qui règle le litige, le tribunal arbitral rend une ordonnance de clôture de la procédure arbitrale ou, si les parties lui en font la demande et s’il l’accepte, constate le fait par une sentence arbitrale rendue d’accord parties. Cette sentence n’a pas à être motivée.

2. Si, avant que la sentence ne soit rendue, il devient inutile ou impossible pour une raison quelconque non mentionnée au paragraphe 1 de poursuivre la procédure arbitrale, le tribunal arbitral informe les parties de son intention de rendre une ordonnance de clôture de la procédure. Il est autorisé à rendre cette ordonnance sauf s’il subsiste des questions sur lesquelles il peut être nécessaire de statuer et si le tribunal juge approprié de le faire.

3. Le tribunal arbitral communique aux parties une copie de l’ordonnance de clôture de la procédure arbitrale ou de la sentence rendue d’accord parties, signée par les arbitres. Les dispositions des paragraphes 2, 4 et 5 de l’article 34 s’appliquent aux sentences arbitrales rendues d’accord parties.

 

Interprétation de la sentence
Article 37

1. Dans les trente jours de la réception de la sentence, une partie peut, moyennant notification aux autres, demander au tribunal arbitral d’en donner une interprétation.

2. L’interprétation est donnée par écrit dans les quarante-cinq jours de la réception de la demande. Elle fait partie intégrante de la sentence et les dispositions des paragraphes 2 à 6 de l’article 34 lui sont applicables.

 

Rectification de la sentence
Article 38

1. Dans les trente jours de la réception de la sentence, une partie peut, moyennant notification aux autres, demander au tribunal arbitral de rectifier dans le texte de la sentence toute erreur de calcul, toute erreur matérielle ou typographique, ou toute erreur ou omission de même nature. S’il considère que la demande est justifiée, il fait la rectification dans les quarante-cinq jours qui suivent la réception de la demande.

2. Le tribunal arbitral peut, dans les trente jours de la communication de la sentence, faire ces rectifications de sa propre initiative.

3. Ces rectifications sont faites par écrit et font partie intégrante de la sentence. Les dispositions des paragraphes 2 à 6 de l’article 34 s’y appliquent.

 

Sentence additionnelle
Article 39

1. Dans les trente jours de la réception de l’ordonnance de clôture ou de la sentence, une partie peut, moyennant notification aux autres, demander au tribunal arbitral de rendre une sentence ou une sentence additionnelle sur des chefs de demande qui ont été exposés au cours de la procédure arbitrale mais sur lesquels il n’a pas statué.

2. Si le tribunal arbitral considère que la demande est justifiée, il rend une sentence ou complète sa sentence dans les soixante jours qui suivent la réception de la demande. Il peut prolonger, si nécessaire, le délai dont il dispose pour rendre la sentence.

3. Les dispositions des paragraphes 2 à 6 de l’article 34 s’appliquent à la sentence ou à la sentence additionnelle.

 

Définition des frais
Article 40

1. Le tribunal arbitral fixe les frais d’arbitrage dans la sentence définitive et, s’il le juge approprié, dans toute autre décision.

2. Les “frais” comprennent uniquement:

a) Les honoraires des membres du tribunal arbitral, indiqués séparément pour chaque arbitre et fixés par le tribunal lui-même conformément à l’article 41;

b) Les frais de déplacement et autres dépenses raisonnables faites par les arbitres;

c) Les frais raisonnables exposés pour toute expertise et pour toute autre aide demandée par le tribunal arbitral;

d) Les frais de déplacement et autres dépenses raisonnables des témoins, dans la mesure où ces dépenses ont été approuvées par le tribunal arbitral;

e) Les frais de représentation et autres frais exposés par les parties en rapport avec l’arbitrage dans la mesure où le tribunal arbitral en juge le montant raisonnable;

f) Le cas échéant, les honoraires et frais de l’autorité de nomination, ainsi que les frais et honoraires du Secrétaire général de la CPA.

3. Lorsqu’il lui est demandé d’interpréter, de rectifier ou de compléter une sentence conformément aux articles 37 à 39, le tribunal arbitral peut percevoir les frais mentionnés aux alinéas b) à f) du paragraphe 2, mais ne peut percevoir d’honoraires supplémentaires.

 

Honoraires et dépenses des arbitres
Article 41

1. Le montant des honoraires et des dépenses des arbitres doit être raisonnable, compte tenu du montant en litige, de la complexité de l’affaire, du temps que les arbitres lui ont consacré et de toutes autres circonstances pertinentes de l’espèce.

2. S’il existe une autorité de nomination et si cette autorité applique ou déclare qu’elle appliquera un barème ou une méthode particulière pour déterminer les honoraires des arbitres nommés dans des litiges internationaux, le tribunal arbitral fixe le montant de ses honoraires en tenant compte de ce barème ou de cette méthode dans la mesure où il le juge approprié dans les circonstances de l’espèce.

3. Rapidement après sa constitution, le tribunal arbitral informe les parties de la façon dont il propose de déterminer ses honoraires et ses dépenses, y compris les taux qu’il entend appliquer. Dans les quinze jours de la réception de cette proposition, toute partie peut en demander l’examen à l’autorité de nomination. Si, dans les quarante-cinq jours qui suivent la réception de cette demande d’examen, l’autorité de nomination estime que la proposition du tribunal arbitral est non conforme au paragraphe 1, elle y apporte les modifications nécessaires, qui s’imposent au tribunal.

4. a) Lorsqu’il informe les parties des honoraires et des dépenses des arbitres qui ont été fixés en application de l’article 40, paragraphe 2 a) et b), le tribunal arbitral explique également la manière dont les montants correspondants ont été calculés ;

b) Dans les quinze jours de la réception de la note d’honoraires et de dépenses du tribunal arbitral, toute partie peut en demander l’examen à l’autorité de nomination. Si aucune autorité de nomination n’a été choisie d’un commun accord ni désignée, ou si l’autorité de nomination n’agit pas dans le délai prévu par le présent Règlement, le Secrétaire général de la CPA procède à cet examen ;

c) Si l’autorité de nomination ou le Secrétaire général de la CPA estime que la note d’honoraires et de dépenses est non conforme à la proposition du tribunal arbitral (et à toute modification qui y a été apportée le cas échéant) visée au paragraphe 3 ou est manifestement excessive, l’autorité de nomination ou le Secrétaire général de la CPA y apporte, dans les quarante-cinq jours qui suivent la réception de la demande d’examen, les modifications nécessaires de sorte qu’elle satisfasse aux critères du paragraphe 1. Ces modifications s’imposent au tribunal arbitral ;

d) Ces modifications sont soit incluses par le tribunal dans sa sentence soit, si la sentence a déjà été rendue, mises en oeuvre par voie de rectification de la sentence, à laquelle s’applique la procédure prévue à l’article 38, paragraphe 3.

5. Tout au long de la procédure visée aux paragraphes 3 et 4, le tribunal arbitral poursuit l’arbitrage, conformément au paragraphe 1 de l’article 17.

6. La demande d’examen visée au paragraphe 4 est sans incidence sur les décisions contenues dans la sentence, à l’exception de celles qui concernent les honoraires et dépenses du tribunal arbitral. Elle ne retarde pas non plus la reconnaissance et l’exécution de toutes les parties de la sentence, à l’exception de celles qui concernent les honoraires et de dépenses du tribunal arbitral.

 

Répartition des frais
Article 42

1. Les frais d’arbitrage sont en principe à la charge de la partie ou des parties qui succombent. Toutefois, le tribunal 19

arbitral peut les répartir entre les parties, dans la mesure où il le juge approprié dans les circonstances de l’espèce.

2. Le tribunal arbitral détermine dans la sentence définitive ou, s’il le juge approprié, dans toute autre sentence, le montant qu’une partie peut avoir à payer à une autre partie en conséquence de la décision relative à la répartition.

 

Consignation du montant des frais
Article 43

1. Dès qu’il est constitué, le tribunal arbitral peut demander aux parties de consigner une même somme à titre d’avance à valoir sur les frais visés à l’article 40, paragraphe 2 a) à c).

2. Au cours de la procédure arbitrale, le tribunal arbitral peut demander aux parties de consigner des sommes supplémentaires.

3. Si une autorité de nomination a été choisie d’un commun accord ou désignée et lorsqu’à la demande d’une partie l’autorité de nomination accepte cette mission, le tribunal arbitral ne fixe le montant des sommes ou sommes supplémentaires à consigner qu’après avoir consulté l’autorité de nomination, qui peut adresser au tribunal toutes observations qu’elle juge appropriées concernant le montant de ces consignations.

4. Si les sommes dont la consignation est demandée ne sont pas intégralement versées dans les trente jours de la réception de la demande, le tribunal arbitral en informe les parties afin que une ou plusieurs d’entre elles puissent effectuer le versement demandé. Si ce versement n’est pas effectué, il peut ordonner la suspension ou la clôture de la procédure arbitrale.

5. Après avoir ordonné la clôture de la procédure ou rendu une sentence définitive, le tribunal arbitral rend compte aux parties de l’utilisation des sommes consignées; il leur restitue tout solde non dépensé.

 

Annexe

 

Clause compromissoire type pour les contrats

Tout litige, différend ou réclamation né du présent contrat ou se rapportant au présent contrat, ou à son inexécution, à sa résolution ou à sa nullité, sera tranché par voie d’arbitrage conformément au Règlement d’arbitrage de la CNUDCI.

Note – Les parties voudront peut-être ajouter les indications suivantes:

a) L’autorité de nomination sera ... (nom de la personne ou de l’institution);
b) Le nombre d’arbitres est fixé à ... (un ou trois);
c) Le lieu de l’arbitrage sera ... (ville et pays);
d) La langue à utiliser pour la procédure arbitrale sera ... .


Déclaration possible concernant la renonciation

Note – Si les parties souhaitent exclure les voies de recours que la loi applicable leur offre contre la sentence arbitrale, elles peuvent envisager d’ajouter à cet effet une clause du type proposé ci-dessous, en tenant compte toutefois du fait que l’efficacité et les conditions d’une telle exclusion dépendent de la loi applicable.

Renonciation: Les parties renoncent par la présente à leur droit à toute forme de recours contre une sentence devant une juridiction étatique ou une autre autorité compétente, pour autant qu’elles puissent valablement y renoncer en vertu de la loi applicable.

Déclarations d’indépendance types en application de l’article 11 du Règlement

Aucune circonstance à signaler: Je suis impartial et indépendant de chacune des parties, et j’entends le rester. À ma connaissance, il n’existe pas de circonstances, passées ou présentes, susceptibles de soulever des doutes légitimes sur mon impartialité ou mon indépendance. Je m’engage par la présente à notifier promptement aux parties et aux autres arbitres de telles circonstances qui pourraient par la suite venir à ma connaissance au cours du présent arbitrage.

Circonstances à signaler: Je suis impartial et indépendant de chacune des parties, et j’entends le rester. Est jointe à la présente une déclaration faite en application de l’article 11 du Règlement d’arbitrage de la CNUDCI concernant a) mes relations professionnelles, d’affaires et autres, passées et 21 présentes, avec les parties et b) toute autre circonstance pertinente. [Inclure la déclaration] Je confirme que ces circonstances ne nuisent pas à mon indépendance et à mon impartialité. Je m’engage à notifier promptement aux parties et aux autres arbitres toute autre relation ou circonstance de cette nature qui pourrait par la suite venir à ma connaissance au cours du présent arbitrage.

Note – Toute partie peut envisager de demander à l’arbitre d’ajouter ce qui suit dans la déclaration d’indépendance:

Je confirme, sur la base des informations dont je dispose actuellement, que je peux consacrer le temps nécessaire pour conduire le présent arbitrage de manière diligente et efficace dans le respect des délais fixés par le Règlement.

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